Yohan.
Yohan fréquente le lycée. trop à son goût.
Trop pour se consacrer à soi.
Ce lycée qu'il trouve cool sans trop y croire,
qui lui prend tout son temps.
ce temps dont il aurait besoin pour vivre,
pour rattraper ce qu'il croit avoir déjà trop perdu.
Pas de vie ou presque puisque pas d'amour,
pas d'amour et déjà 21 ans.
Des envies d'amour,
des envies non avouées parce que impossibles.
Se transformer pour être comme ceux qu'il aime.
Il faut attendre que le corps se transforme,
attendre l'occasion enfin possible.
Attendre dans le doute avec espoir.
Attendre en solitaire, la fin de son adolescence,
la fin d'un genre au féminin qui n'est pas le sien.
Chaque détail a son importance, sa susceptibilité,
parce que sa part de honte et de souffrance.
Les bonjours masculins qu'il voudrait pouvoir donner,
au lieu d'être dans le clan des filles.
C'est une conviction de plusieurs années,
il n'a qu'à fermer les yeux pour se voir, autrement.
Regarder les autres qui le regardent lui est douloureux.
Chaque regard accuse sa différence,
lui renvoie une image qu'il aimerait noyer.
Bientôt.
Son temps est précieux
et il voudrait l'employer à autre chose
qu'à ruminer son malaise.
Sortir de sa coquille qu'il protège pourtant.
Ecrire sa souffrance sur des pages de cahier,
s'effrayer soi même d'être si violent.
Il croit que personne ne l'aimera.
A voir ses beaux yeux tristes...